d’après LUX

de Daniel Larrieu

 

 

 

Au début, il y a l’âge d’or

comme toujours

avant

en attendant son lent retour :

 

c’est la danse des danses des hanches d’Espagne

mais pas tout à fait

on dirait presqu’un jeu parodique et fidèle à la fois de sa source de l’imagination

c’est pourquoi

ça n’est pas tout à fait l’âge d’or espagnol

et il y en a une

dont la jupe

est en fait un tablier

mais le temps d’une danse en mouvement

la voici recréée la jupe vraie

l’âge d’or somptueux recréé, et réimaginé.

Ce serait presque en carton-pâte mais non :

le mouvement, d’illusion, rend réel l’âge d’or

le temps du mouvement

 

Mais voici l’âge d’or s’interrompt

et la sourcière arrive

qui cherche avec ses baguettes son magnétisme

qui recherche la source dorée disparue, évanouie, avec le mouvement précédent.

Elle cherche, elle trouve la trace dans l’air des danseuses d’antan de l’instant tout juste, tout juste antécédent, qui était tout qui était juste.

Et des hères la suivent, qui cherchent la source eux aussi, mais qui pour la chercher la suivent la sourcière

car c’est elle qui se souvient

Et ils figent, comme des monuments, les instants d’âge d’or retrouvés, ils les figent avec leurs chaussures, en guise de p’tits cailloux parsemés par le p’tit Poucet

là, une chaussure, et là, une autre chaussure, et ici, encore une, et voici le parcours des danseuses dorées retrouvées,

les vestiges témoins du passé, du passé si gravide en futurs d’âge d’or revenu.

Ce sera toujours ça d’attrapé : se déchausser vaut la peine et allège la peine par suite pour cheminer, plus légers, plus vulnérables aussi,

cependant devenir vulnérable est la prime pierre posée, déposée, pour rêver à l’envol, même si le danger est présent maintenant de s’écorcher les pieds.

Cependant s’écorcher est tremplin à l’envol, par désir d’en finir avec les faits finis.

 

Grenoble, Jeudi 17 Mars 2011