La catastrophe est dans mon dos.

Je ne la vois pas venir.

 

La catastrophe est dans mon dos ne veut pas dire :

qu’elle soit dépassée.

C’est plutôt moi qui dois lui tourner le dos à l’avenir.

Je ne tourne pas le dos à l’avenir

mais à l’avenir, il est possible que je le tourne à la catastrophe.

Pour l’avenir, je tournerai le dos à la catastrophe.

Je tournerai son dos 

et dans son dos, il y a l’avenir, il y a l’il y aura.

 

La catastrophe n’a pas d’avenir, n’est pas l’avenir, ne pourra jamais l’être.

Mais elle est son obstacle

qui vise à usurper la vraie visée.

 

L’avenir est toujours en avant

même si la catastrophe peut aussi survenir

devant dans le temps, et faire écran.

 

La catastrophe peut être devant

si seulement on ne lui tourne pas le dos.

Tourner le dos ne veut pas dire :

ignorer.

Je lui tourne le dos, mais je ne l’ignore pas :

je la refuse.

Je la refuse à l’avenir, qu’elle apparaisse à l’avenir devant l’avenir, qu’elle bouche la vue à venir.

Ma bouche dit la catastrophe dans mon dos

avec l'espoir d'en libérer la vue.

 

Nous serons bien assez à tourner notre dos, à tourner dans son dos, tourner son dos,

nous priverons la catastrophe d’avenir

épargnerons la catastrophe à l’avenir.

 

Mai 2012