HÉRITIERS DU LÉVIATHAN

Romantisme révolutionnaire

 

I

 

Ils déchiquettent Nos vieux os mais n’auront pas Nos yeux nouveaux :

ceux réouverts durant le long dernier hiver

dernier hiver qu’ils ont fixé surimposé à Notre vie pour Nous scinder Nous fragmenter

dernier hiver artificiel et mortifère par son fiel.

 

Héritiers du Léviathan         méfiez-vous de ce que Nous cachons.

 

Méfiez-vous la puissance en puissance grandit s’agrandit au-dedans du dedans de Nous-mêmes enfin revenus à Nous-mêmes, la joie la colère s’enfantent s’entraident s’interalimentent génèrent plus haut qu’elles-mêmes : la force invincible la force qui grâce à vos maux infligés s’est accrue dans l’attente du bien qui vous nie.

Méfiez-vous Nous croissons Nous vibrons augmentons vos désastres n’ont fait qu’exciter Nos désirs de bâtir Notre extase à venir la rêver puis vouloir faire entrer en matière sa vie pas encore concrète bientôt pourtant prête à souffler vos tortures vos torts et vos durs châtiments si cyniques, l’extase à venir va souffler votre règne expiré Nos désirs de bâtir notre extase à venir vont souffler votre règne expiré.

 

II

 

Et ils empiètent sur Nos peaux Nos vieilles peaux mais n’auront pas Notre cerveau

Notre cerveau que Nous avons désavili et rebâti au moment même où ils Nous rapinaient Nos fruits

les fruits que Nous avions choyés, ils les ont sophistiqués et dépravés

Nos fruits où frémissait l’espoir, ils les ont gangrenés de noir.

 

Héritiers du Léviathan         méfiez-vous de ce que Nous cachons.

 

Héritier tu te lèves, attends – mais ton ère est tuée tue ta vie vile à temps, arrivée à la mort par dommage infligé à Nous autres à Nous autres les autres toujours altérés par tes vœux de nombril obsédé de profits de proflics de profiches, Rats blafards blattes vertes ça y est les insectes vous rognent vous font disparaître d’ici vous envoient au-delà de l’en-bas au néant le berceau le cercueil de votre aigre origine.

Et enfin Notre mode a changé Nous avons quitté Notre ancien mode le vôtre imposé mode esclave et avons transféré le Donné dans un mode nouveau : autre mode le Nôtre Nouveau mode Maître et Nous sommes tous Maîtres des Maîtres de Nous de Nous-mêmes surtout avant tout seulement de Nous-mêmes des Maîtres de Nous pas des autres

L’Autre en Nous – au contraire – Nous n’en sommes pas Maîtres c’est Lui qui Nous guide lié à l’Étoile toujours vivifiante et vivante au-dedans de Notre être de Maîtres liés par la pure attention Attention réception de l’ouvert hors de Nous une fête de sens et d’esprit en tous sens explosion fructifère de sens pluriellés mais issus tous du Centre Et le Centre enfin Lui luit enfin et reluit Sa Lumière génère et relie ses enfants de lumières ceux-ci hors de terre s’éclairent éclairent les terres d’éclairs et de vie d’air et d’or.

 

Juin 2011